abeilles
Sur le devant de la maison, nous avons une terrasse avec une sous-couche et des joints en sable. Depuis toujours, une colonie de toutes petites abeilles, très précoces, s'est installé ici. Elles creusent de minuscules nids dans le sable des joints. Les larves et le pollen rapporté doivent être à l'abri sous les pierres. Et au chaud.
Cette année, les abeilles sont particulièrement nombreuses. Plus d'une centaine. Essayant de photographier une abeille sur son nid – pas si facile, car elles sont assez imprévisibles et très rapides pour rentrée -, à l'entrée d'un des nids, j'ai l'impression que le sable bouge. En fait, c'est un dermeste Anthrenus verbasci.
Anthrenus verbasci mesure 2 à 3 mm. On l'appelle l'anthrène du bouillon blanc, ou des tapis, ou des vêtements, car il se nourrit, entre autres, de fibres naturelles. À ma grande surprise, l'anthrène rentre (tombe aussi un peu) dans le nid. Hasard ? Pas sûr. Cela aurait pu être pur hasard si cela avait été un cas unique, mais j'en ai trouvé un second ! Les anthrènes se nourriraient-ils du pollen apporté par les abeilles ?
Une autre abeille a été observée sur cette terrasse, mais elle n'y réside pas. Il s'agit d'une Osmie.
La brosse orange sous l'abdomen est caractéristique d'un petit groupe d'osmies (Osmia leaiana- O. labialis-O. niveata). Mais seule la première est relativement commune. O. labialis réside plutôt dans les milieux karstiques et montagnards, ce qui n'est pas le cas chez nous. Et O. niveata semble peu souvent observée en France.
Donc, a priori, j'ai sans doute rencontré Osmia leaiana! Hyménoptères de la famille des Megachilidae, O. leaiana est une abeille maçonne qui se distingue des autres osmies par sa préférence à utiliser des végétaux morts pour construire les cellules de son nid.